Wall Street: l'incertitude sur le Venezuela ne pénalise pas la tendance
information fournie par Zonebourse 05/01/2026 à 15:17
Une demi-heure avant l'ouverture, le contrat "future" sur l'indice Dow Jones reste virtuellement inchangé tandis que celui sur le Nasdaq 100 progresse de 0,8%, laissant entrevoir un début de séance incertain.
Lors d'un raid militaire express mené dans la journée samedi, Washington a arrêté le président vénézuélien Nicolas Maduro et son épouse, qui ont été immédiatement détenus en attendant de comparaître devant un tribunal fédéral pour narcotrafic.
C'est Delcy Rodriguez, qui était vice-présidente de Maduro, qui a prêté serment en tant que présidente par intérim, celle-ci ayant déjà exprimé sa forte opposition aux plans américains de "changement de régime", ce qui promet une situation relativement instable dans le pays.
L'initiative de la Maison Blanche et les réactions contrastées qu'elle a suscitées auprès de la communauté internationale n'ont cependant pas fait céder les investisseurs à la panique.
"L'action militaire américaine de ce samedi n'est pas sans précédent, et il est peu probable qu'elle reflète un changement fondamental de la politique étrangère des Etats-Unis", commente-t-on chez Franklin Templeton.
"En conséquence, la réaction initiale des marchés actions, obligataires et des matières premières à l'intervention militaire devrait être limitée", souligne le gestionnaire d'actifs.
"Cependant, cette démonstration de force renforcera, dans de nombreux pays, la perception de la nécessité d'accroître les dépenses de sécurité nationale", précise-t-il.
Si le pays possède les plus grandes réserves mondiales de pétrole brut, les investisseurs n'anticipent pas d'augmentation rapide de ses capacités, de sa production et de son offre de pétrole brut au vu de l'état dégradé de ses infrastructures vieillissantes d'extraction et de transport.
Sur le marché pétrolier, le baril de brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) gagne à peine 1% à 57,9 dollars.
Le dollar repart quant à lui à la hausse face à l'euro, qui enfonce le seuil de 1,1680.
Le yen, lui, bénéficie de son statut de valeur refuge, tout comme l'or, qui prend plus de 2% à 4 421.1 dollars l'once, tout en restant en-dessous de ses récents plus hauts établis au-delà de 4 500 dollars.
Les emprunts d'Etat sont moins recherchés: le rendement du papier américain à dix ans évoluant peu, à moins de 4,19%.
Les investisseurs pourraient bien vouloir démarrer 2026 en s'accrochant à l'adage bien connu qui veut que le premier mois de l'année est souvent positif pour les indices boursiers, un phénomène connu sous le nom d'"effet janvier".
Si la règle connaît bien souvent quelques accrocs, le "Stock Trader's Almanac" estime par ailleurs que l'année est positive dans 85% des cas lorsque Wall Street gagne du terrain en janvier.
En dehors des facteurs géopolitiques et techniques, les marchés boursiers vont faire leur rentrée en prenant connaissance d'une pléthore d'indicateurs économiques qui pourraient fournir quelques précieuses indications sur le rythme auquel la Réserve fédérale va poursuivre ses baisses de taux dans les mois à venir.
La véritable épreuve de vérité interviendra vendredi avec la publication des chiffres de l'emploi de décembre, statistique fétiche du marché et d'autant plus suivie que la Fed a explicitement fait du marché du travail un élément déterminant d'orientation de sa politique monétaire.
Suite au test de l'emploi, c'est ensuite le coup d'envoi de la "saison des résultats" qui sera donné la semaine prochaine, avec les premiers comptes trimestriels des grandes banques, dont JP Morgan.
Les stratèges préviennent qu'il va falloir que la croissance des profits des sociétés cotées soit au rendez-vous afin de justifier les niveaux de valorisation élevées des actions américaines, mais l'idée d'avoir à la fois une croissance des bénéfices et une confirmation de la résistance de l'économie américaine ouvrirait certainement la voie à de nouvelles bonnes performances en 2026.
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